27/06/2016












               Part # 5

C'était surement ma dernière hospitalisation pour une corticothérapie de plusieurs jours.

Sans pour autant souffrir d'achmophobie, je suis plutôt content de m'éloigner un peu du monde hospitalier.
Nous avons décidé donc de concert avec mon neurologue de changer de protocole et passer à une perfusion de solumédrol par mois en hôpital de jour.
Une autre approche donc. Les bienfaits de ces bolus à haute dose n'étant pas franchement remarquable, je vais plus axer mes soins vers de la kinésithérapie.  
Il faut savoir je pense à un moment ne pas s'enfermer dans une routine où je serai ostracisé par une modèle non idéal.
Même si cela revêt forcement une part d'inconnue directement liée à celles de la maladie, je vois ce changement de protocole de manière positive.

En 1923, Vladimir Ilitch écrivait dans la Pravda un article intitulé " Mieux vaut moins mais mieux ".
Nous verrons bien si l'axiome du russe peut se vérifier sur un plan médical...

Le séjour en lui même s'est plutôt bien passé à l'instar du précédent. Hormis une connexion wifi atone qui aurait fait passer un débit de 56 Kbps du début de la démocratisation de l'accès au web pour de la fibre...
Exit l'euro 2016 donc !
Mais là n'était forcement pas l'essentiel. J'avais prévu des activités connexes, à savoir de la lecture, de la musique et bien sur mon matériel photo.
Ma besace était donc bien remplie.

En ces temps de gronde sociale qui perdure, j'ai eu le temps et l'occasion d'écouter ( sur le net ) un certain nombre de conférences et de débats économiques, dont celles de Frédéric Lordon qui se réclame ouvertement Spinoziste.
Ce monsieur a le verbe assurent haut et m'a donner envie de découvrir la pensée spinozienne.

Sitôt perfusé,  je me suis lancé dans la lecture du " Traité de la reforme de l'entendement " de Spinoza.

L'auteur nous invite à mieux saisir l'évolution difficile d'une pensée avant que le système soit totalement défini. En gros, il s'agit de savoir comment on peut atteindre une certitude, sur quoi l'adosser, et par quelles règles assoir un raisonnement juste.
Je ne vous cache pas que cette lecture fût très ardue... Mes trois journées d'hospitalisation ne furent pas de trop pour ingurgiter le vocable du philosophe néerlandais...

En ce premier début de soirée, je sortis équipé de mon appareil photo prendre l'air et fumer un joint. 

Je fis la rencontre d'un jeune homme fort sympathique qui lui aussi était en neurologie avec moi.
Pour des raisons évidentes, je tairai son prénom et sa pathologie. 
Nous discutâmes une bonne heure de nos vies ( sans vaine conjuration ), de la folie de notre monde qui se mure dans un système non résilient mais aussi du champ des possibles pour sortir de cette schizophrénie globale.
Une rencontre très enrichissante, basée sur une écoute mutuelle sans préjuger dogmatique biaisant tout débats.
Un échange vraiment constructif.

Je passai le reste de la soirée à être mis sur orbite ( le THC aidant ) par le son de Metallica pour finalement m'endormir sur l'intemporel "Dummy" des Portishead

Le jour d'après fût une sorte de copier/coller du précédent sans en être un ersatz sans saveur, bien au contraire. 
Je relus avec plaisir la nouvelle de mon frère " Regard vers demain "  qui postule sans concession de l'apathie chronique de nos hommes politiques qui se noient dans un cynisme effarant, sclérosant de fait le tissu social de notre pays tout en exacerbant les clivages qui ne peuvent mener qu'à la peur, l'incompréhension des autres et in fine à la violence...

Photo, musiques et vap complétèrent cette journée l'amenant tranquillement à son crépuscule et ces corollaires nocturnes qui, si l'on sait les employer peuvent être fort agréable parfois.

Le lendemain, sitôt ma perfusion arrivée à son terme, non sans avoir chaleureusement remercier tout le personnel du service pour leur mansuétude,  je me mis en branle vers ma voiture sans retourner les talons.
La musique des Massive Attack m'y attendait, ainsi que ma petite tribu et les quelques kilomètres qu'il me restait maintenant à annuler pour les embrasser .

Le bon sens et l'amour ne me firent donc pas musarder...

20/06/2016

                                                               φ (phi)

L'occurence des apparitions de ma fille sur ce blog sont et c'est une truisme de l'écrire ; nombreuses ! 

Je suis obligé de reconnaître qu'en ce qui concerne la perception que j'ai de ma fille, elle est naturellement biaisé par mon amour sans limite que je lui porte. 
Je la vois forcement sous un prisme différent de n'importe quel autre être humain.
Son papa, c'est moi !
À ce titre, je m'octrois de fait une part d'irrationalité dans notre relation. 
Elle est mon nombre d'or ( tout comme son frère ) et mon envie de la photographier sans cesse ( ce qui au passage devient moins aisé...) en est une résultante directe.

Alors ne vous étonnez-pas si, son visage viendra encore à de nombreuses reprise illustrer ce modeste espace photographique...

Je te souhaite un merveilleux anniversaire à venir ma puce !