22/12/2014


                                                                       Dépossession  


Cela fait quinze ans maintenant que je suis ton hôte bien malgré moi. 

Yohann n’était qu’au stade foetal dans le ventre maternel, les américains pleuraient encore les jeunes victimes de Columbine tout en déversant des tonnes de bombes sur le Kosovo, internet qu'un vague concept, le CD tout orange de Mezzanine monopolisait déjà ma platine... et Kubrick comme un pied de nez à ses détracteurs nous quittaient peu avant la sortie d'Eyes Wide Shut.

Moi, du haut de mes 28 ans, amoureux transi, telle une bulle de champagne comme suspendue, je papillonnais dans un élixir d’amour auprès de ma belle de toujours.
Deux mots : le bonheur. 
Nous étions fin 1999 à l’orée d’un nouveau millénaire et des promesses qui lui sont justement réclamées.

La partie est loin être terminée mais quelques 180 mois plus tard, le postulat est des plus simple mais terrible, tu as clairement pris l’avantage.
Enfin partiellement.
Je n’ai jamais rendu les armes, je me bats comme un lion, je le trouve plus noble que le chien…
Le temps est pour moi un paradoxe, celui-ci passant t’aide à me déposséder un peu plus des forces qu’il me reste mais est aussi un précieux allié. 
Je sais qu’un jour et bien pour moi ou d’autres infortunés, tu seras curable, anéanti et classé dans les livres de médecine avec les immondices que l’humanité à déjà vaincu.

Point de sensiblerie ici ou de logorrhées sans fin sur ma condition, elle est ce qu’elle est !
Je suis toujours amoureux ( de la même femme ), deux merveilleux enfants aimants complètent ce tableau sans oublier ma double fratrie.

La photo est devenue mon ascèse et je m’éclate !
Alors plus que tout, ta dépossession ne rimera jamais avec régression mais plutôt élévation.



NB : Je vous souhaite à toutes et tous de très bonnes fêtes. Retour sur le web début janvier.

18/12/2014


          Blanc sur Noir