29/05/2017


                                                                       “ Les convictions sont des prisons " Nietzsche

22/05/2017


    Le brocanteur

Dimanche: 10h01. 
La matinée filait comme souvent, toujours plus rapidement que désirée. L'heure palindrome qu'affichait mon ordinateur, outre sa singularité me conforta dans le fait qu'il était grand temps pour nous d'honorer notre agenda.
Nous avions convenu les filles et moi, avisés par un prospectus déniché je ne sais où, de nous rendre à un vide grenier que ledit papier promouvait avantageusement.

Une poignée de minutes plus loin, je garai notre voiture vert olive que le soleil inondait sans retenu, sur la dernière place réservée aux personnes étiquetées handicapées.
Nous pouvions commencer nos pérégrinations dans les méandres des stands qui s'offraient à nous.
Les divers objets exposés en vrac, ou religieusement agencés, aussi insignifiants fussent-ils pour certains eurent le mérite de me plonger dans une sorte d'hyperbole temporelle.
À l'heure de l'impression 3D et de la réalité augmentée, se voir côtoyer des casques de la Grande guerre et des vinyles de Claude François, est sinon surréaliste, assez remarquable !

Pendant que ma fille contentait son irrépressible et gargantuesque appétit pour la lecture, trouvant de-ci de-là  ( n'est-ce-pas M. Goliadkine ? ) mille trésors, j'aperçus non loin de nous, l'homme idéal photographiquement parlant.
Trônant magnifiquement sur son siège tel un empereur, il scrutait tout sourire les badauds déambulants.
Je sus immédiatement que ce monarque d'un jour se devait d'être immortalisé à minima numériquement tant son allure et sa prestance me parurent une offrande qu'il eut été criminel d'ignorer.
Fort de cet axiome et ne fût-ce que pour n'avoir jamais à regretter de pas avoir tenter d'y parvenir, je me dirigea vers mon inconnu.
La circonstance fit que le petit emplacement de mon futur modèle était orné de quelques livres.
Ma fille s'y précipita...
La transaction me facilita grandement la tâche. Je pus aisément lui faire part de ma requête. À ma grande satisfaction, j'eu droit à un blanc-seing.
Je lui demanda de reprendre place sur le siège qu'il avait quitté quelques instants auparavant.
De bonne grâce, il s'exécuta.
Quatre photos plus tard, je le remerciai chaleureusement pour s'être gentiment laissé photographier et le saluai. Lui, chevaleresque, me gratifia d'un dernier sourire.

De retour à la maison, je traitai mon portrait, tandis que ma fille, contemplait ses quinze nouveaux livres...